Dans les coulisses de l'atelier

SAO Mokaïte
SAO Mokaïte

     Depuis quelque temps, je pensais à cet article ! Dur de trouver un équilibre entre le professionnel et le personnel quand on a une ferme à faire tourner. Ce petit article va, je l’espère, ralentir un peu le rythme de vos vies !

 

     Depuis un peu plus d’un an maintenant, nous travaillons dans notre ferme (Hugo et moi). Vous ne voyez sur ce site qu’un des quatre ateliers qui la composent. Outre les chèvres angoras pour le mohair, nous élevons aussi des brebis Limousines (ma partie) et Hugo s’occupe d’un hectare de verger de pommiers et il produit des légumes de saison (le tout en agriculture biologique). C’est une aventure passionnante et je dois dire que nous sommes très heureux de ce que nous faisons. Plus qu’un métier, c’est un mode de vie qui nous tient à cœur.

 

    Nous voulons vivre le plus simplement possible et nous voulons produire le maximum de choses que nous consommons. La vie à la ferme est un bon moyen d’y arriver. Nous mangeons les légumes et la viande que nous produisons, nous récoltons les fruits du jardin et de la nature (les châtaignes !!!). Nous construisons la plupart des choses que nous pouvons faire en bois (la passion d’Hugo). Et pour ma part, je tricote la laine que les chèvres produisent (mais cela ne m’empêche pas de tricoter d’autres fibres !). Nous croyons à un système autonome. Nous voulons un équilibre en toutes choses. Pas autarciques, mais plus autonomes, voilà notre but.

     Ça fait longtemps que j’ai envie de tout faire. Je ne me souviens pas avoir voulu faire un métier en particulier (à part bibliothécaire gamine je crois), je me souviens juste vouloir vivre de ce que je cultive, trouve, fabrique, récolte, couds, tricote... Bien sûr à l’échelle d’un potager, coudre quelques chemises et sculpter quelques cuillères en bois !! Mais aujourd’hui tout ça est vrai. Nous sommes dans la production plus que dans la "survie", mais cela correspond aux lectures que j’avais plus jeune. Deux livres m’ont beaucoup inspirée au lycée "Revivre à la campagne" de John Seymour et "Manuel de la vie sauvage" d’Alain Saury.

 

     Nous vivons en Limousin, près d’un étang et au pied des Monts de Blond. Notre vie à la ferme est remplie de travail bien sur, mais dans le bon sens du terme. Nous avons plusieurs activités donc on ne s’ennuie jamais. Parfois c’est fatigant, mais la plupart du temps c’est gratifiant de voir le fruit de son travail. Tout n’est pas agréable, on travaille avec du vivant donc avec la mort aussi. Mais cela fait partie du cycle. L’élevage est parfois ingrat. Même en faisant tout notre possible, on perd des animaux. Ce sont des moments de réflexion à chaque fois, mais il ne faut pas tout remettre en cause. Le travail de la terre est aussi difficile. Nous ne connaissons qu’une partie infime de la vie et nous sommes loin de comprendre les interactions entre les êtres vivants. L’infiniment grand et l’infiniment petit nous sont encore inaccessibles !

 

     J’aimerais, des fois, avoir plus de temps pour faire des choses créatives, mais on ne peut pas tout faire. Le temps est plutôt stressant pour moi, mais j’essaie d’être dans le présent le plus possible. J’essaie de vivre plus simplement et de me contenter de ce que j’ai, même s’il y a beaucoup de tentations. Mais je pense que pour réussir il faut se concentrer sur un objectif et ne pas trop s’éparpiller ! J’aime la vie tranquille de la campagne, mais je regarde beaucoup ce qui se passe via Internet et c’est parfois chronophage de se balader "de par le monde". Parce qu’il y a tout et rien ! J’aime y chercher de l’inspiration, mais je m’y perds parfois et je n’ai rien fait, produit, créé. Je pense que l’ennui est salutaire pour les enfants, mais je n’ai plus le luxe de cette activité... 

 

     J’espère que vous êtes heureux dans vos vies. Il faut prendre son temps, plus on court après et plus il nous échappe. Il faut trouver son équilibre. Action/inaction, travail/détente, faire/défaire, tricoter/détricoter !